2000/2004

Musée-Parc archéologique du lac de Paladru

Le site est un vaste marais protégé, à l’extrémité ouest du lac de Paladru. Le musée, non réalisé, devait abriter les objets découverts sur les vestiges des villages du Néolithique et de l’An Mil enfouis sous les eaux du lac. L’architecture du musée est poétique et mystérieuse, comme surgie du paysage, dans une recherche de relation fusionnelle avec la nature.

Le lac a initié un paysage remarquable, un territoire d’une grande lisibilité unifié par le plan d’eau du lac. Le marais dans lequel devait être réalisé le musée-parc constitue un milieu écologique particulièrement riche de par sa situation à l’interface entre les milieux aquatique, terrestre et aérien. Le marais fonctionne comme une éponge, la dynamique de l’eau, créée par les variations quantitatives et temporelles, est le moteur écologique du site.

Le bâtiment se développe selon un axe de 160 mètres de long, perpendiculaire aux courbes de niveaux : il est implanté “dans le sens de l’eau”. Afin de ne pas créer de rupture dans le paysage, il est surélevé. L’extension de la roselière autour du bâtiment accentue cet effet d’un édifice surgi de la nature, le marais n’est pas interrompu et semble passer sous la construction. Le “dessous ” est un large ponton couvert qui se prolonge loin sur le lac et regroupe tous les accès : public, personnel, accostage bateaux, départ des promenades dans le parc et vers les reconstitutions des villages du Néolithique et du Moyen Âge.

Le musée est un repère dans le paysage. Nous l’avons voulu étrange et mystérieux pour provoquer la curiosité, inciter à la visite. Il est à l’image d’une branche, dont le corps principal et les ramifications s’infléchissent pour finir dans l’axe du lac. Cette référence à une morphologie végétale donne une certaine liberté au volume, qui est néanmoins construit d’après un tracé régulateur rigoureux.

La visite du musée est linéaire, c’est une séquence de l’ensemble des circuits proposés dans le parc. Le parti scénographique a conduit à une alternance d’espaces opaques et d’espaces transparents. Pour assurer l’unité de l’ensemble et éviter le morcellement de la ligne, le volume est enveloppé sur toutes ses faces par une résille de bois dont la mise en œuvre évoque un tissage aéré. Par contraste, les matériaux de façades en second plan, à l’arrière de la résille, sont brillants, comme précieux : verre, métal, laque de couleur. En gommant ainsi les attributs classiques d’un bâtiment (portes, fenêtres, toit), l’image du projet tend à l’abstraction. Le filtre, en laissant percevoir les volumes pris à l’intérieur, comme des objets dans un panier, contribue au mystère.

Maître d’ouvrage
Conseil Général de l’Isère

Surface
2 600 m² SHON

Coût prévisionnel des travaux
Bâtiment + scénographie : 4,73 M€ HT
Extérieurs : 1,52 M€ HT

Lieu
Montferrat, lac de Paladru

Maîtrise d’œuvre
Hérault Arnod Architectes mandataires - architecture et scénographie
Éric Alfiéri, chef de projet
Cap Paysage, paysagiste, mandataire commun
Biotech, écologue
Batiserf, structure
Nicolas, fluides
Michel Forgue, ingénieur économiste
Éric Leprince, graphiste
Nadine Salabert, muséographe
Hervé Audibert, éclairagiste

Calendrier
Étude de définition 2000
Signature contrat de maîtrise d’œuvre avril 2001
DCE 2004
Projet abandonné par le Conseil Général

Programme
Salles d’exposition permanente, dont une consacrée au village néolithique et l’autre à celui de l’An Mil
Salle d’expositions temporaires
Ateliers pour scolaires
Salle de conférence
Café
Administration

Maquettes
Michel Dioudonnat
Atelier Fau
Hérault Arnod

Photos
André Morin

Images
Kilinc-Wallon
Hérault Arnod